L'impact de l'inflation

J’ai l’impression que l’inflation est l’un des aspects les moins compris dans la gestion de patrimoine. En France, elle s’élève en moyenne à 1.47%/an depuis 1991 selon l’INSEE. Autrement dit, tous les placements qui rapportent moins que cela perdent de l’argent.

Quand je vois les performances des fonds euros (aux alentours de 1.5%), je me demande pourquoi les investisseurs en sont encore si friands.

Ma seule conclusion : ils ne comprennent pas l’inflation !

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Depuis 1991 les fonds euros servent des rendements bien plus élevés que l’inflation. On ne peut pas prendre pour exemple l’inflation depuis 1991 et prendre les rendements des fonds euros des 2 dernières années en comparaison.

Année : Rendement moyen fond euros / Inflation
2020 : 1,10% / 0,50%
2019 : 1,50% / 1,10%
2018 : 1,80% / 1,80%
2017 : 1,80% / 1,00%
2016 : 1,90% / 0,20%
2015 : 2,30% / 0%
2014 : 2,50% / 0,50%
2013 : 2,80% / 0,90%
2012 : 2,90% / 2,00%
2011 : 3,00% / 2,1%
2010 : 3,40% / 1,50%
2009 : 3,60% / 0,10%
2008 : 4,00% / 2,80%
2007 : 4,10% / 1,50%
2006 : 4,10% / 1,60%
2005 : 4,20% / 1,80%
2004 : 4,40% / 2,10%
2003 : 4,50% / 2,10%
2002 : 4,80% / 1,90%
2001 : 5,30% / 1,70%

Performance fond euros sur 20 ans : 87,5% - 4,38%/an
Inflation sur la période : 30,9% - 1,55%/an

Personnellement je trouve que pour un placement « garanti » (et pour énormément de personnes c’est le plus important) c’est loin d’être ridicule.
Si on ajoute que pas une seule année l’inflation a été supérieure à la performance moyenne des fonds euros (on peut retenir 2018 où il y a match nul) le bilan est plutôt bon.

Alors effectivement depuis 2015 c’est moins sexy et preuve que les français ne sont pas si fous ils investissent de plus en plus en UC au sein de l’assurance vie. 28% des versements en 2018 (en légère baisse par rapport à 2017 à cause des marchés) et aujourd’hui on doit être vers 35/40%.

Alors oui on peut mettre en face un ETF monde mais je pense que ce n’est pas le même usage et la durée de l’investissement n’est pas le même.
Oui l’assurance vie a trop de succès par rapport à ce que ça rapporte beaucoup y placent trop d’argent et sur du trop long terme.
Mais c’est sécurisant, les arbitrages permettent en cas de chute des marchés de sécuriser rapidement vers des fonds euros ou de sécuriser à l’approche de l’échéance d’un projet.
Aux 18 ans d’un enfant, si il faut payer le permis, acheter une voiture et payer les études supérieures il est bon de sécuriser un peu avant l’échéance sur un fond euros.
La pandémie et la chute des marchés de Mars 2020 nous l’a bien rappelé.

A chacun d’être à l’aise avec son allocation, les français ne sont pas à l’aise avec le risque c’est une certitude. J’ai personnellement sur mes AV une répartition à 70% UC 30% fonds euros. Le fond euros étant une épargne de précaution.
A 70 ans je pense que la répartition sera exactement inverse (à conjoncture égale)

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Je pense simplement que les gens ne sont pas assez éduqués, j’ai écris un article sur les bases de l’investisseent en expliquant pourquoi conserver son épargne dans un livret A est une perte de pouvoir d’achat. En faisant des recherches, j’ai par exemple découvert que seulement 10% des francais investissent dans la bourse alors que de nos jours c’est un investissementtrès accessible via l’assurance vie et les différents ETF.

Du coup, c’est dans le but d’apporter un peu de culture financière à mon entrourage et mon réseau j’ai commencé à écrire.

PS : Je soutiens ce que dis Dado, les fonds euros sont un bon moyen de protéger son épragne de l’inflation, il faut effectivement prendre des moyennes de rendement sur plusiuers années.

Voir cet épisode de la lettre de l’observatoire de l’épargne de l’AMF pour une photographie de l’épargne en France

Dès le début on comprend assez vite ce qu’il se passe - morceaux choisis :

Pour la moitié des Français, le taux de rémunération satisfaisant d’un placement sans risque est d’au moins 3 % par an.

L’ouverture au risque demeure limitée : la moitié des Français écarte tout risque (50 % en 2020 contre 54 % en 2019).

Ceux qui acceptent un peu de risque (moins de la moitié des Français) n’y consacrent qu’une part limitée de leur épargne. Ainsi, dans le cadre d’un placement sur 10 ans, 55 % des épargnants disent accepter de consacrer au maximum 10 % de la somme disponible dans un investissement risqué, et 20 % une part comprise entre 10 % et 20 %. Ils ne sont que 10 % à accepter de placer plus de 40 % dans un investissement risqué.

etc.

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Il ne faudrait pas faire preuve de condescendance non plus.
Je ne sais pas si vous connaissez le salaire médian des français mais ça fait peur. Si on tri par tranche d’âge c’est pire, c’est la catastrophe en dessous de 40 ans.
Évidemment ce n’est pas une excuse, on peut épargner avec 1 500 euros par mois même moins mais de là à prendre 40% de baisse avec une épargne si durement constituée ce n’est pas donné à tout le monde. Quand on arrive pas à faire face à une réparation de voiture pour aller au travail.

Le plus gros soucis c’est la part de l’immobilier dans le patrimoine des français, et à mon sens ce n’est pas une mauvaise chose puisque c’est aussi une sécurité, le patrimoine financier lui ne croit qu’à partir de 40 ans et finalement c’est à 50 ans que les français peuvent le plus investir… pas franchement l’âge idéal pour se lancer dans la bourse.

Il y a un soucis d’éducation financière c’est certain et un soucis culturel (la part consacré à la RP est trop importante pour investir ailleurs) mais c’est aussi un choix qu’il faut respecter.
Une fois la RP, la piscine, les 2 enfants et leurs études, le 3008 et la Yaris il ne reste finalement que peut de choses. Les 50 000 / 100 000 euros sont bien à l’abri pour les enfants. (et là je parle déjà pour les 40/30% les plus riches)
C’est un schéma qui ne mène pas à l’enrichissement mais qui satisfait beaucoup de monde. « Mourir riche ça sert à rien, je préfère profiter ».

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C’est évidement un choix de vie mais ca vient aussi du fait qu’en France les gens commencent à épargner/investir tres tard, les années ou ils ont une grosse capacité d’épargne ils se disent qu’ils y penseront plus tard, c’est entre 20 et 30 ans, au moment où on a pas encore forcement d’enfant ou de loyer a payer qu’il faut s’interesser a ces sujets.

Bonjour à tous,

l’impact de l’inflation n’est pas seulement la hausse des prix à la consommation (+30% ces 20 dernières années IPC INSEE) mais aussi la hausse de tous les actifs à commencer par l’immobilier (+150% en France et +300% à Paris i.e. quadruplé en 20 ans).

En comparaison le CAC 40 a eu sur ces 20 dernières années un parcours décevant et "stagnant" puisqu’on vient à peine de retrouver le niveau d’il y a 20 ans !
Et ce malgré sa forte volatilité qui a de quoi décourager nombreux investisseurs (techniquement son ration de Sharp est mauvais).

Il reste certes le dividende des actions mais l’immobilier ne procure-t-il pas un loyer supérieur au taux de distribution du CAC40, prédictif et stable ?

Bien cordialement Jean-Louis

l’impact de l’inflation n’est pas seulement la hausse des prix à la consommation (+30% ces 20 dernières années IPC INSEE) mais aussi la hausse de tous les actifs à commencer par l’immobilier (+150% en France et +300% à Paris i.e. quadruplé en 20 ans

C’est totalement vrai mais finalement si le français moyen a pour premier investissement sa résidence principale ça n’a que très peu d’effet pour lui. Même s’il en change plus tard pour plus gros l’impact est moindre.
Au contraire l’inflation (si les salaires suivent un tant soit peu) est son allié, la part de son revenu destiné à sa RP diminuant alors petit à petit.

c’est entre 20 et 30 ans, au moment où on a pas encore forcement d’enfant ou de loyer a payer qu’il faut s’interesser a ces sujets.

Totalement, c’est là ou il faut fournir le premier effort, mais peu sont près à le faire (parmi ceux qui peuvent). Généralement le patrimoine augmente une fois la RP finie de payée et les enfants autonomes. Trop tard pour beaucoup pour placer en bourse surtout que beaucoup ne savent déjà pas comment dépenser l’argent. La seule préoccupation étant de pouvoir se payer une maison de retraite et pas embêter les enfants.
Triste mais vrai.

C’est très difficile de mettre le curseur entre :

  • Investir un max pour gagner beaucoup plus tard
    et
  • profiter de notre jeunesse

Personnellement je suis dans cette même situation, je gagne assez bien ma vie (3-4k/mois) et j’investis beaucoup (2500€/mois) en bourse et immo pour mon futur.

Mais la vraie question c’est :
À quel moment dois-je inverser la tendance ? Passer « d’investisseur agressif qui utilise ses hauts revenus » à « rentier qui vie tranquillou de ces placements ».

Actuellement je planifie ce changement vers mes 30-35 ans, mais quand j’y serai, pas sûr que je le fasse en voyant le potentiel des intérêts composés à venir…

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Et puis entre-temps tu auras peut-être une vie de famille avec plusieurs enfants a charge et ta vision changera :wink:

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Attention l’inflation a un impact négatif non seulement sur le marché obligataire mais aussi sur le marché des actions historiquement.

Les actifs qui sortent leur épingle du jeu pendant les périodes inflationnistes sont ceux corrélés aux matières premières, et dans une moindre mesure l’immobilier.

Cependant, je pense qu’il faut mettre en perspective le rôle du dollars dans une économie plus que jamais mondialisée pour mesurer les conséquences de l’inflation sur les actifs.

En effet, si l’inflation est plus importante que prévue et met en danger le marché obligataire, et qu’en plus de cela les marchés actions misent sur une remontée des taux directeurs pour juguler l’inflation, c’est plutôt l’effet inverse qui pourrait se produire.

L’effet inverse, ce serait une hausse du dollars qui se produirait dès que les marchés se retourneraient à la baisse or un dollars élevé = baisse du prix des matières premières et baisse des matières premières = déflation

Le dollars est le maître du jeu quoiqu’il arrive, car elle reste la devise en ultime recours en cas de retournement à la baisse…